Introduction: pourquoi ce site?

Pourquoi ce site ? Pourquoi des archives ouvertes ?

Nous avons écrit un livre intitulé « une histoire des luttes concernant les conditions de travail ».

Le point de départ était que l’on trouverait facilement de la documentation d’historien.

Les syndicats n’ont pas mis à l’ordre du jour des luttes sur les conditions de travail malgré l’adage »c’est pas la lutte syndicale que l’on obtient satisfaction ». Les chiffres de … sur les 1760 congrès syndicaux avant 1914 infirment pour cette période cet adage. Mais le même phénomène se perpétue excepté les luttes sur la réduction du travail jusqu’en 1968.

La démarche de recherche fut beaucoup plus longue et insatisfaisante ; Les syndicats avaient d’autres préoccupations : implantation dans le monde ouvrier, réflexions sur le rôle du syndicalisme, dans les entreprises, face à un patronat et un État intraitable et répressif.

Le droit de priorité (des moyens de production) proclamé en 1789 dans la déclaration des droits de l’homme a pour corollaire que c’est le patron, ses représentants, ses actionnaires qui ont tout pouvoir dans l’entreprise, lieu privé, lieu clos, lieu silencieux. Pouvoir exclusif d’organiser le travail, pourvoir d’investir ou pas, pouvoir de gérer comme il l’entend, pouvoir de licenciement sans recours immédiat car il est le tôlier, le patron de droit divin, le capitaine d’industrie, le grand industriel. D’un côté, l’un domine de l’autre les salariés mais aussi les fonctionnaires subissent. La lutte de classe commence dans l’entreprise : dominant- dominés

Des historiens ont parlé des conditions travail déplorables dans les mines, les bateaux, les usines, les chantiers, mais les luttes sur ce sujet ont été peu entreprises et souvent détournées : Tous les conflits longs se terminent par des licenciements, quelquefois des hausses de salaire ou pas et des vagues promesses. Les salariés et les syndicats revendiquent salaires à la pièce, prime de rendement, prime d’insalubrité, primes de nuit, les primes par objectifs … pour compenser les mauvaises conditions de travail et, ce depuis la nuit des temps jusqu’à aujourd’hui. Comme dit Me Zancarini Fournel: « Peu de conflits pur sucre pur fruit »

Seules les luttes sur la réduction du temps de travail traversent les deux derniers siècles, de manière constante.

Certes les syndicats avaient d’autres préoccupations, mais pourquoi aussi peu de luttes sur les conditions de travail ?

C’est pourquoi nous avons tenté un premier panorama de ces luttes dans notre livre, en essayant d’interpréter à partir des faits pourquoi les syndicats n’ont pas pu, voulu, su avance sur ces luttes.

ET pourtant le mouvement syndical français depuis 1945 jusqu’à aujourd‘hui est le plus fort de tous les pays occidentaux et émergents. C’est lui qui résiste le mieux, avec toutes ses faiblesses :

  • peu d’adhérents, principalement dans les entreprises anciennement publiques et la fonction publique
  • 8 confédérations ou Union fédérale nationales et non pas une ou deux
  • Divisions internes et entre syndicats
  • Peu de victoires depuis des années…

Le monde entier a regardé bouche bée le mouvement des retraites de 2023 et sa ténacité.

La récente unité du mouvement était inattendue encore deux mois avant, a perduré, sans trop de trahison, tenace et cela permet de lever une nouvelle génération de militants syndicaux, d’écologistes, et de femmes suite au mouvement me too principalement extérieur au monde du travail. Même si l’on peut penser que 14 journées saute-mouton n’était peut-être pas la bonne tactique. Peu de syndicalistes, peu de sociologues, peu de politiques ont imaginé, sauf dans leurs rêves, un tel mouvement soutenu par l’opinion générale. Est-ce un tournant ? On le verra dans les prochaines années. On a vu que les RN n’a pas posé les pieds par terre pendant plusieurs mois, exclus qu’ils sont du monde du travail.

Mais avant cela, le mouvement des gilets jaunes, et le mouvement me too ont aussi surpris par leurs vagues déferlantes. Tout ceci est un formidable leçon. Militez et fermez là, pour tous ceux qui se réclament du mouvement ouvrier de l’extrême gauche : Battez-vous et ne commentez pas vos états d’âme.

Ce qui nous fait dire que la désespérance, le défaitisme des syndicalistes est très mauvaise conseillère. Seuls ceux qui sont réprimés par le patron, l’état, la justice devraient avoir la parole.

De nombreux articles, de nombreux sont enfouis, difficiles à trouver, à retrouver. Il est quelquefois difficile de chercher quelque chose qu’on ne connait pas.

Contactez nous : sinigag@wanadoo.fr